Communiqué de l'association Avant-Mardi à destination des listes candidates aux élections régionales
LES REPONSES DES CANDIDATS : Gérard Onesta (Europe Ecologie) à télécharger ici et Martin Malvy (PS-PRG-MRC) à télécharger ici
15 propositions pour une politique publique en direction des Musiques Actuelles en Midi-Pyrénées (Télécharger le texte ici)
« Structurellement et historiquement, le traitement différencié et à la marge dans les politiques publiques de l’Etat et des collectivités territoriales confine encore une partie du secteur des musiques dites «actuelles» dans une vision majoritairement industrielle ou de traitement social. …/… Les moyens d’accueil, d’expression, de formation et d’accompagnement des pratiquants de ces musiques sont majoritairement le fait d’initiatives privées et d’engagements associatifs : lieux dédiés, cafés concerts, écoles privées, structures d’éducation populaire, collectifs d’artistes, labels indépendants, structures et centres ressources, friches… Ces acteurs ont su apporter des réponses ad hoc au service de la diversité des pratiques actuelles de la musique, mais restent, au quotidien, prisonniers d'une grande précarité. »
Déclaration d’intention pour la création d’un espace inter-fédéral de coopération des réseaux territoriaux et fédérations des musiques actuelles. BIS à Nantes janvier 2010
Nous, structures adhérentes du réseau Avant-Mardi (voir liste jointe), sommes inquiets devant les difficultés grandissantes que rencontre le secteur des Musiques Actuelles sur le territoire de Midi-Pyrénées. Conscients du travail déjà important que la Région a mené sur la dernière mandature (Pôles Structurants de Musiques Actuelles, augmentation budgétaire, politique territoriale…), nous souhaitons que la prochaine assemblée régionale aille plus loin dans sa future politique d’accompagnement et de soutien à la filière musicale en région.
Nous demandons une vision nouvelle de l'aménagement du territoire et d'un rapport différent avec les pouvoirs publics, notamment par l’affirmation de la notion de co-construction de l’intérêt général et d’espaces de concertation territoriale (formels ou informels, temporaires ou permanents), instances de dialogue nécessaires à la participation entre toutes les catégories d’acteurs du territoire, élus, publics, citoyens… afin que chacun trouve sa place et son rôle.
Nous proposons ainsi 15 axes de réflexion qui s’imposent à nos yeux :
Comme énoncé plus haut, le développement exponentiel des pratiques musicales a généré une pluralité de projets qui englobent tous les domaines socio-économiques des territoires. Cette richesse et diversité des approches rend complexe leur lisibilité auprès des élus. Aussi, il est nécessaire de poser des espaces de dialogue permanents regroupant les acteurs de la filière, élus, techniciens, représentants des publics et autres composantes de la société civile, pour mieux comprendre et appréhender les enjeux et problématiques des Musiques Actuelles et leurs assises sur les territoires (nous pouvons prendre en exemple les conseils de développements des Pays ou le Conseil Consultatif des Arts et de la Culture de la ville de Toulouse).
1- Créer des espaces de concertation pérennes entre les acteurs et les pouvoirs publics à l’échelle des territoires (régionale et locale).
2- Associer les acteurs et les publics dans un esprit de co-construction des politiques publiques qui nous sont destinées.
L’élaboration concertée de la politique régionale doit se soucier beaucoup plus de l’équité territoriale en Midi-Pyrénées ; les politiques publiques reproduisent le schéma centralisateur de la capitale et de la province avec la métropole toulousaine et le reste de la région.
Selon l’étude de Nicolas Meckel en 2005, la concentration toulousaine de la diffusion des Musiques Actuelles atteint des records avec 79% (hors festivals et tremplin).
L’agglomération concentre plus de 30 % de la population de Midi-Pyrénées et plus de 100 000 étudiants, elle permet donc, une meilleure viabilité économique grâce à un public potentiel plus important que les lieux hors agglomération et en même temps elle génère une tendance à amplifier la diffusion au détriment d’actions d’intérêt général comme l’accompagnement d’artistes, la résidence de création, le soutien aux porteurs de projets, l’appui à la pratique amateur.
Par exemple, il est devenu très difficile de trouver un lieu disponible sur la métropole pour une résidence.
Si l’on ne veut pas créer un désert artistique hors agglomération, il est nécessaire de consolider les missions d’intérêt général (accompagnements, ressources, formations, actions culturelles…) des lieux et structures en région, notamment à travers un renforcement des moyens des Pôles Structurants de Musiques Actuelles.
3- Rééquilibrer le soutien de la Région aux lieux et projets Musiques Actuelles sur l’ensemble du territoire régional par rapport à la métropole.
4- Créer de nouveaux Pôles Structurants de Musiques Actuelles hors métropole et montée en puissance des moyens du dispositif.
La multiplication des différentes interventions des collectivités, si elle est défendue avec force notamment dans sa notion de compétence générale, ne doit pas occulter le manque de collaboration sur l’accompagnement des projets entre les différents échelons territoriaux : Europe, Etat, Départements, Communautés Urbaines, Communautés de communes, Communes, sans compter d’autres à venir (GECT, Métropoles…). Pire dans certains cas, les différentes politiques menées par chaque collectivité rentrent en confrontation les unes avec les autres et donc paralysent les porteurs de projets si elles ne provoquent pas un refus de tout soutien.
5- Créer une véritable coopération entre les différents échelons territoriaux dans un esprit de complémentarité grâce à la mise en place de conventions multipartenariales.
6- La Région doit être l’échelon qui rassemble, elle se doit de montrer l’exemple et d’inciter les autres partenaires à se réunir autour de la table.
Sur l’ensemble du territoire naissent des initiatives individuelles ou collectives de projets artistiques et culturels (cafés-culture, lieux de résidence artistique, projets de pays, structures d’accompagnement artistique, lieux pluridisciplinaires de diffusion…). Ces projets sont souvent mal perçus par les instances politiques locales car elles vont souvent à l’encontre des modèles hérités de conceptions anciennes. Souvent, au lieu d’être conseillés et appuyés, ils se heurtent à des obstacles administratifs, des conservatismes locaux qui se traduisent par une absence d’aides financières et de reconnaissance.
Pourtant ces projets témoignent d’une volonté forte de jeunes acteurs de travailler là où ils vivent, de déployer une énergie, un investissement important et de s’appuyer sur les ressources de proximité du territoire pour les faire rayonner.
7- Prendre en compte les initiatives issues des territoires, les accompagner et les soutenir pour qu’elles puissent se développer.
8- Ne pas imposer des projets « tous faits » sans concertation avec les populations et acteurs locaux ni un minimum d’ancrage territorial.
Sur le plan économique, les Musiques Actuelles forment un terrain privilégié de développement de systèmes de production inscrits dans les champs économiques, technologiques et industriels. Elles se caractérisent par une multitude d’initiatives privées et collectives (associations, sociétés, micro-entreprises artisanales, équipements culturels ou socioculturels à gestion publique ou privée, PME, etc.). Il est nécessaire d’avoir une approche des Musiques Actuelles basée sur la notion de filière, qu’il convient de soutenir dans son ensemble : la répétition (studio de répétition), la pratique amateur et l’émergence (les cafés-concerts), la production (labels et éditeurs), l’accompagnement (développeurs d’artistes et manageurs, tourneurs), la diffusion (lieux et festivals), l’export (coopération internationale)…
9- Prendre en compte la dimension économique de la filière Musiques Actuelles appréhendée dans son ensemble.
10- Soutenir les différents maillons de la chaîne par des dispositifs spécifiques d’aides (soutien aux labels, cafés-culture, pépinières d’entreprise, coopération…).
Les Musiques Actuelles ont la singularité d’être adossées à des industries culturelles (disques, numériques, créatives…) et en même temps de se réclamer d’un modèle économique dit de « tiers secteur » ou de l’économie sociale et solidaire, du fait de l’implication de bénévoles et d’investissement humain militant. Elles sont aussi porteuses de valeurs universelles (développement durable, diversité culturelle, interculturalité...). Leur intégration dans l’économie est un formidable potentiel pour l’attractivité des territoires.
L’intervention publique doit prendre en compte leur dynamique de coopération et de mutualisation en les inscrivant sur les dispositifs de soutien économique (aide à l’installation, Pépinières d’entreprises, Cluster, SPL…).
Le service de la Culture se doit de conseiller et de mettre en relation les acteurs avec les autres services de la Région et agences régionales dans un dialogue constructif et prospectif (ARPE, ADEPFO, FRIE, MIDACT, Midi-Pyrénées Innovation, Midi-Pyrénées Expansion, ARDESI..).
11- Soutenir le développement économique des structures à travers la mobilisation des crédits autres que culturels (Développement Durable, Action économique, Formation, Éducation et sports…).
La Région, avec l’ensemble des politiques publiques, incite à la mise en réseaux des acteurs, ce qu’Avant-Mardi fait depuis 20 ans en Midi-Pyrénées.
Il serait judicieux que les Régions collaborent de manière accrue, au moins à l’échelle des Régions limitrophes. Si nous, acteurs de Musiques Actuelles, sommes connectés aux autres réseaux territoriaux à travers un espace interfédéral et travaillons déjà sur des échanges artistiques, nous nous heurtons à des dispositifs de soutien avec des critères différents selon les Régions.
12- Harmoniser les différents dispositifs d’aide à la diffusion et à la création entre les régions limitrophes (Limousin, Languedoc-Roussillon, Aquitaine) pouvant inciter à la diffusion hors région des groupes Midi-Pyrénéens.
Si la Région, grâce au dispositif d’emploi mutualisé, a permis à de nombreuses structures de créer des emplois ou d’en consolider, la situation des emplois reste très fragile et précaire. Pour pérenniser véritablement les emplois et favoriser l’insertion professionnelle, un renforcement du dispositif EAMP doit s’effectuer ainsi qu’un soutien à des GE existants, à des GPEC (territoriale, individuelle, inter-entreprises). Il serait souhaitable de renforcer l’accompagnement de la mutualisation des emplois par une aide personnalisée (formation) en direction des salariés et des employeurs.
13- Une politique de l’emploi culturel par un soutien renforcé à la mutualisation, aide au GE (Groupement d’employeurs), aide à la mise en oeuvre de GPEC (Gestion Prévisionnelle des emplois et compétences).
Les lieux utilisent un important matériel technique pour accueillir la création et la diffusion des Musiques Actuelles, ils doivent non seulement entretenir ce matériel mais aussi l’adapter à l’évolution technologique du son et de la lumière (numérisation). C’est un investissement lourd et coûteux avec une nouvelle approche de développement durable (lampes à diodes, panneaux voltaïques, matériaux recyclables…). Il est nécessaire de réactiver des fonds d’investissement à destination des structures gérant un lieu mais aussi des festivals et des structures administratives qui travaillent de plus en plus avec des nouveaux outils informatiques de pointes (logiciels de MAO, de web, de gestion administrative, audiovisuels…).
Dans le même sens, les festivals et structures de productions sont amenés certaines années à faire des déficits ponctuels qui les pénalisent sur les années suivantes. Un fond d’aide mutualisé pourrait être constitué afin de répondre à cette problématique.
14- Une politique d’investissement affirmée (équipements et matériels) auprès des structures ainsi qu’un fond d’aide mutualisé au déficit.
15- Pourquoi la Région n’initierait-elle pas une démarche d’Agenda 21 de la Culture, suite logique de l’Agenda Local de Midi-Pyrénées ?
Toulouse, le 20 février 2010
Les 34 adhérents d’Avant-Mardi Réseau Musiques Actuelles Midi-Pyrénées
Liste des 34 structures adhérentes du réseau Avant-Mardi
- Le Rio (82)
- Multimusique (31)
- Mjc Cahors (46)
- Rock Time (81)
- Lo Bolegason (81)
- Alternateuf (11)
- I.M.A.J / Le Cri'Art (32)
- Antistatic (31)
- Arc en Ciel (12)
- Arpèges et trémolos (81)
- Art' Cade (09)
- Le Bijou (31)
- Le Bikini (31)
- Chants Libres (82)
- Le Chèvrefeuille (31)
- Association Skabazac (12)
- Dell'Arte (31)
- ENAC (31)
- Jerkov (31)
- KLakson (31)
- La Gespe (65)
- La Petite (31)
- L'Eté de Vaour (81)
- Mandala Bouge (31)
- Pollux Association (81)
- Première Pression (31)
- Reg@rts (31)
- Réseau Chaînon (31)
- Rotation (31)
- Shabaz (31)
- Terre de Couleurs (09)
- Ulysse Productions (46)
- VitaVic (31)
- 12 Touch (12)