Témoignage : Marieke Lanoye – Formatrice

MariekeLes 29 et 30 janvier dernier, l’équipe d’Avant-Mardi était aux Auditions Midi-Pyrénées des Inouïs du Printemps de Bourges, à Albi. Entre deux concerts, nous avons ainsi pu discuter avec Marieke Lanoye. Régisseuse générale, elle partage son expertise avec les stagiaires d’Avant-Mardi sur des formations techniques et administratives. De son expérience professionnelle à ses possibilités de reconversion, tout en passant bien sûr par son activité de formatrice, retour sur le parcours de Marieke Lanoye. 

Depuis quand intervenez-vous à Avant-Mardi ?

Je travaillais en tant que technicienne sur le département du Tarn et, je connaissais déjà l’équipe d’Avant-Mardi, ils m’ont donc proposé d’intervenir pour eux.

Dans quel domaine intervenez-vous ?

J’interviens dans le domaine technique. Je fais principalement une introduction au domaine technique. C’est une présentation du fonctionnement du spectacle vivant dans ce domaine : le son, la lumière, le plateau…

Vous êtes régisseuse lumière et son ?

Je suis régisseuse générale, lumière et éclairagiste. J’ai démarré en tant que régisseuse générale en 2004, suite à la formation d’assistant régie proposée par l’ADDA du Tarn. Avant cela, je travaillais dans l’administration pour des structures associatives qui organisaient des concerts et qui faisaient tourner des groupes. Je me suis réorientée petit à petit vers la technique et la régie, en tant que régisseuse localement sur des événements, pour des associations ou des salles en région. Au fur et à mesure, je me suis dirigée vers la tournée et j’ai surtout travaillé avec des compagnies, à partir de 2007.

Qu’est-ce qui vous a poussé à passer de l’administratif à la technique ?

L’envie d’être plus proche du concret, de faire des choses plus pragmatiques et plus directement visibles et efficaces. Je me sentais un peu loin en étant sur un poste administratif. J’ai apprécié ces missions mais je ressentais le besoin d’être plus proche de la pratique. J’avais déjà une approche technique de terrain puisque j’étais depuis longtemps impliquée au sein d’un festival de théâtre, L’Eté de Vaour. Je faisais de la technique lumière depuis un certain temps. J’ai commencé par l’aspect technique et je me suis vite dirigée ensuite vers la régie. La régie est en quelque sorte la rencontre entre des missions logistiques et un savoir-faire technique et manuel, opérationnel.

Aujourd’hui nous sommes aux auditions des Inouïs du Printemps de Bourges, et je crois savoir que vous y êtes dans le cadre d’un accompagnement d’artiste ?

Je suis en train de me réorienter professionnellement puisque pour des raisons personnelles, je n’ai plus envie d’être sur les routes en permanence. J’ai décidé de m’orienter à nouveau vers des missions administratives, de production. Je travaille depuis peu pour l’Eté de Vaour sur un poste de recherche de partenariats privés. Je pense que c’est très intéressant parce que ça continue de compléter mon étendue de compétences et d’approches de ces métiers-là. Parallèlement, j’accompagne Harry Brown dans son travail. Au sens large, c’est du management : j’essaye de l’aider là où il n’a pas forcément le temps, l’attention ou la compétence d’être efficace : administration, promotion, prospection, l’aider à fabriquer ses outils de communication, rencontrer le réseau, les professionnels qui peuvent l’accompagner dans son travail ou le faire tourner, distribuer son disque, etc. Je pense que l’on peut appeler ça être manager, même si c’est très large. Mais avant tout, il est un ami.

Vous aimeriez pouvoir étendre cette activité à plusieurs artistes ?

Je n’en sais rien. Pour moi, ça deviendra une véritable activité si ça commence à avoir une efficacité et une vraie pertinence. Je pense que lorsqu’on est artiste, et encore plus en solo, c’est important d’avoir quelqu’un à ses côtés qui comprend la réalité du métier sans être dans la souffrance de la création. Je suis dans le spectacle depuis très longtemps, donc j’ai une vision du secteur qui est forcément en lien avec tout ce que j’ai pu emmagasiner depuis des années, ce qui a un certain intérêt. C’est très intéressant mais encore une fois c’est nouveau pour moi et je me considère encore en apprentissage : c’est du balbutiement avec beaucoup d’envie. 

Revenons à la formation. Qu’est-ce que vous souhaitez transmettre aux stagiaires lorsque vous intervenez ?

Je parle assez peu de mon expérience mais plutôt sur le sens que je donne à mon métier. J’accorde beaucoup d’importance et d’attention au rapport à l’artiste, avec une certaine exigence. Les formations sur lesquelles j’interviens sont toujours composées de gens qui seront amenés à faire de l’administration ou de la production, qui ne seront pas techniciens. Donc je leur propose de comprendre quels sont les enjeux des équipes techniques et de voir où sont les articulations de travail entre les équipes techniques et les équipes administratives. Ce sont des contraintes et des priorités qui sont souvent assez éloignées. C’est intéressant de faire ce pont-là, que les personnes qui sont amenées à travailler dans l’administratif comprennent bien où se situent les problématiques et les enjeux pour les équipes techniques. Aussi il y a un apport technique pour les sensibiliser à ce vocabulaire particulier, pour leur faire comprendre comment on travaille, combien de temps en amont, etc. J’essaye d’intervenir de façon précise.