Témoignage : Jean-Pierre Gegauff – Formateur

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Depuis plusieurs années, Avant-Mardi et l’IRMA (Centre d’Information et de Ressources pour les Musiques Actuelles) travaillent ensemble sur des modules de formations qui ont lieu à Toulouse. Dans ce cadre, vous croiserez sûrement notre intervenant du jour : Jean-Pierre Gegauff. Avec une expérience de plus de vingt ans dans la régie générale et la direction technique, il est depuis dix ans un intervenant régulier des formations de l’IRMA et d’Avant-Mardi. Rencontre avec un professionnel aussi passionné par la technique que par la transmission de savoirs.

Depuis quand intervenez-vous pour les formations de l’IRMA et quel est votre lien avec la structure ?

Mes premières interventions datent de 2006. J’ai commencé avec deux ou trois formations à l’année, puis l’offre s’est développée. J’interviens sur plusieurs champs de compétences mais les formations sont quasiment toutes liées aux problématiques administratives et techniques au sein d’une direction technique ou d’une régie générale, en spectacle vivant. Ma relation avec l’IRMA est un lien de connaissance, j’ai été régisseur d’une salle de concerts rock connue en son temps.

Dans quels domaines intervenez-vous en formation, par exemple ici à Avant-Mardi ?

J’interviens sur une formation Sécurité des spectacles (en vue de l’obtention de la licence n°1), et plus récemment sur une seconde s’appelant Sécurité des spectacles, formation réduite pour l’obtention de la licence d’entrepreneur n°1. Celle-ci est destinée aux lieux de 5ème catégorie, principalement des bars ayant une activité de développement musical. J’interviens aussi sur le module organisationnel et méthodologique Concevoir et organiser un événement culturel. La technique est un département nécessaire à l’organisation d’une manifestation. Cette formation permet d’avoir un regard sur l’univers de la technique et donne une vision globale sur le métier. Elle permet surtout aux non-techniciens de connaître les logiques inhérentes à notre activité.  

J’interviens également sur une formation « CCP Gestion Sonore » (Certificat de compétence professionnelle). L’idée est de sensibiliser les publics professionnels aux problématiques liées au son via une approche réglementaire et une politique de prévention des risques. 

Vous faites une sorte de vulgarisation technique ?

C’est cela, dans divers domaines. Je ne souhaite pas faire des stagiaires des supers techniciens, mais plutôt créer des dialogues nécessaires entre le domaine technique et les domaines artistiques ou administratifs, par exemple. Nous avons parfois le sentiment que les deux univers ne se comprennent pas l’un l’autre, même s’ils toujours amenés à cohabiter. L’idée est de créer des ponts entre ces deux mondes autonomes pour qu’ils se croisent de la manière la plus positive possible.

Cela fait dix ans que vous intervenez en formation. D’où vous vient ce désir de transmettre votre savoir ?

J’ai suivi des études techniques puis je me suis dirigé vers l’histoire et la géographie, avec le but d’enseigner. Le hasard a fait que je suis devenu bénévole dans une salle de spectacles qui m’a proposé de devenir régisseur du lieu. J’ai toujours eu une soif de partager ce que je sais et d’apprendre de ceux qui savent. Je trouve du bonheur à partager mon temps, à échanger avec les stagiaires. Chacun vit sa propre aventure, quelle que soit l’échelle de la manifestation.

Vous avez une carrière professionnelle multiple. Pouvez-vous revenir sur les temps forts de votre parcours ?

A partir de 1989, j’ai été régisseur d’une salle de spectacles qui était un des fleurons du rock alternatif des années 1990. D’ailleurs, j’ai fait le premier concert de Nirvana en France avec 150 spectateurs : c’était mon troisième concert en tant que régisseur et on ne peut pas dire que je maîtrisais la chose ! J’ai été amené à collaborer avec un festival itinérant de cirque, théâtre de rue et concerts, qui s’appelait Caravane des Quartiers. J’ai commencé à faire de l’événementiel, comme des défilés de mode, jusqu’à travailler ponctuellement au Stade de France pour les grands événements. En parallèle, je suis devenu le directeur technique du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse à Montreuil, en 2003. C’est un univers qui pourrait sembler très différent mais les logiques, les publics et les méthodes de travail sont presque identiques. 

Comment conjuguez-vous ces multiples casquettes dans votre vie quotidienne ? Avez-vous d’autres projets pour l’avenir ?

C’est vrai que cela fait beaucoup de choses. J’ai la chance, que ce soit du côté du Salon du Livre comme du côté des formations, d’avoir des décisionnaires à l’écoute et grâce auxquels je peux aménager mes emplois du temps. Cela me permet de gérer l’aspect parfois chaotique de la situation. Je ne me suis pas encore posé la question d’un basculement potentiel vers un univers ou vers l’autre. La formation est un domaine attirant. Cependant, j’ai des difficultés à penser que je ne pourrais plus être acteur d’une manifestation. Pour l’instant, les deux pôles se tiraillent. Ce qui est certain, c’est que je ne souhaite pas arrêter les formations. J’y trouve un véritable plaisir, un bonheur, et j’ai le sentiment que je communique des choses qui ont un sens. C’est ce qui me fait avancer.