Témoignage : Marc Lemaine – Formateur

Il y a certains intervenants dont on ne voudrait pas se passer. Marc Lemaine en fait partie depuis plus de dix ans maintenant. Le régisseur général partage sa passion et son expérience du terrain dans de nombreuses formations d’Avant-Mardi. Autant d’interventions que de domaines de compétences, synonyme d’un parcours professionnel enrichi de nombreuses évolutions et apprentissages. Nous avons profité de notre présence aux sélections régionales des Inouïs du Printemps de Bourges organisées à Albi pour le rencontrer.

Marc Lemaine

Est-ce que vous pouvez expliquer en quoi consiste votre métier de régisseur général ?

La régie générale, c’est faire la logistique d’une organisation. Cela consiste à rencontrer un organisateur et à mettre en place tous les moyens nécessaires pour mener à bon terme le projet. Je généralise parce que ça peut être autant dans la musique que dans la danse, le théâtre, l’événementiel et bien d’autres secteurs d’activités. Il n’y a pas de logique, on ne peut pas dire « c’est comme ça ». Le principe est d’arriver à répondre aux besoins de l’organisation dans le cadre de son budget et de ses volontés, qu’elles soient artistiques, organisationnelles, avec des partenaires ou sans partenaires… Tous les cas de figures se présentent.

Quel a été votre parcours professionnel ?

J’ai commencé dans les métiers du spectacle en tant que technicien. Je me suis plutôt dirigé vers l’éclairage que vers la partie sonorisation, au début du moins. C’est une matière qui me convenait mieux. Après j’ai profité d’opportunités qui se sont présentées à moi, notamment la volonté d’un directeur technique de défendre un poste de régisseur sur une salle des fête, tout simplement. J’y ai travaillé deux ans et ça m’a permis de faire de tout, du loto au concert de rock’n’roll. Mais surtout, j’étais seul pour tout faire. Alors forcément, tu fonctionnes sur un système D et tu apprends sur le tas petit à petit. Tout dépend aussi des compétences de chacun.

Vous êtes l’un des plus anciens intervenants d’Avant-Mardi…

J’ai commencé mes premières interventions sur les formations de l’ADDA du Tarn vers 1999 ou 2000, et Avant-Mardi m’a contacté 4 ou 5 années plus tard. Comme j’étais déjà intervenu sur d’autres formations, c’était un avantage pour Avant-Mardi d’avoir un régisseur ayant déjà une expérience de formateur. Selon la formation, on pousse un peu les détails de la régie générale, et sur d’autres beaucoup moins. Il y en a certaines qui ne sont même pas de l’initiation, mais vraiment destinées à des reconversions ou à des vocations, je pense notamment à « Orientation aux métiers du spectacle vivant », qui est une formation très généraliste. Dans ce cas-là c’est différent, ça passe beaucoup par du témoignage, une présentation de notre activité. 

Pourquoi est-ce si important de se former, et pour vous de former les autres ?

En ce qui me concerne, ça permet de se remettre en question soi-même. C’est génial, c’est comme une sorte de miroir. Ça contraint d’être à jour sur son travail, par exemple sur la réglementation ou sur tout un tas de détails. Mais c’est surtout un très beau miroir. Aussi, ça permet pour tout le monde d’être en contact avec le réseau des musiques actuelles, grâce à Avant-Mardi. 

Les objectifs des stagiaires ont-il changé depuis toutes ces années ?

Chaque individu a un cursus tellement singulier qu’on ne peut pas vraiment savoir. Les profils des stagiaires en formation professionnelle continue sont très variés, ils ont de 18 à 50 ans. Sur des formations professionnelles continues comme celles-ci, je pense qu’on ne peut pas faire de généralités.

Auriez-vous aimé suivre ce type de formation à vos débuts ?

Bien sûr ! La formation c’est très important, bien que cela reste théorique. Néanmoins il faut faire du terrain, mais c’est comme ça dans tous les métiers. La théorie c’est bien et il en faut, c’est plus que nécessaire. On ne peut pas tout réaliser que par l’empirique, mais tu peux faire 10 ans d’études, il te faudra toujours avoir de l’expérience.

Quel regard portez-vous sur le secteur dans la région, avec toutes ces années ?

Je pense que c’est beaucoup trop politisé, avant toute chose. Tout cela freine les acteurs. Bien sûr il faut bien qu’il y ait des gens gestionnaires des budgets, on est tous d’accord sur ça. C’est le même cas avec d’autres métiers : on a besoin de la police, la société en a besoin, même si parfois on ne les aime pas ! Mais le secteur culturel s’est beaucoup politisé, la culture a été utilisée à des fins politiques, et pour les responsables de structures c’est bien souvent compliqué de se positionner, parce qu’ils subissent. Mais on s’en sort !