Témoignage : Marianne Grillot – Formatrice

Marianne Grillot

Se former à Avant-Mardi, c’est aussi participer à des stages sur le terrain, faire des expériences pratiques et bénéficier d’apprentissages concrets. Par exemple ? La formation Initiation aux techniques du spectacle. Après deux semaines d’initiation son et lumière au Bolegason à Castres, les participants s’intègrent à l’équipe technique du festival Pause Guitare à Albi. Durant quelques jours de mise en pratique, ils découvrent avec les professionnels de la structure organisatrice, Arpèges & Trémolos, les filons de l’organisation d’un événement de cette ampleur. Nous avons rencontré Marianne Grillot, chargée de production du festival et responsable des stagiaires durant cette immersion, afin d’y voir un peu plus clair sur cette expérience unique proposée par Avant-Mardi.

 

Depuis combien de temps êtes-vous formatrice à Avant-Mardi ?

Je pense que ça fait environ quatre ans. J’ai commencé avec la formation sur les partenariats privés, sur des demi-journées puis sur des journées entières. Ensuite, on a monté un module de deux jours sur les partenariats privés qui a été mis en place pendant deux ans d’affilée. Depuis cette année j’interviens sur le domaine de la production, puisque j’ai changé de poste.

Alors justement, quel est votre poste actuel ?

Je suis chargée de production sur les festivals d’Arpèges & Trémolos : Les Ptits Bouchons (Gaillac), Pause Guitare (Albi) et Un Bol d’Airs (Puygouzon). Je travaille également pour des petites associations à Albi et pour d’autres structures en Midi-Pyrénées. 

Concrètement, en quoi consiste votre métier ?

Sur Les Ptits Bouchons et Pause Guitare, je m’occupe de deux aspects. L’aspect personnel technique, donc tout ce qui va être lié aux contrats et à l’accueil des techniciens, et l’accueil des artistes en général. C’est-à-dire faire le lien avec les régisseurs des groupes accueillis, s’occuper de toute la partie hébergement, transports, repas, coordonner les équipes loges et run… Puis dans un second temps, diverses missions plutôt de régie générale en compagnie du directeur technique du festival. 

C’est un poste récent, comment en êtes-vous arrivée à faire de la production ?

Initialement, je viens plutôt du secteur sportif que du milieu culturel ! Cependant, j’ai toujours été bénévole ou impliquée dans des associations culturelles. Quand j’ai terminé mes études, j’ai commencé à travailler dans une agence d’événements sportifs. Petit à petit, je me suis rendue compte que tout ce qu’on pouvait faire dans le milieu du sport pouvait se transposer dans le milieu culturel : j’ai donc monté mon entreprise. Dans un premier temps, j’ai commencé à travailler dans la recherche de partenariats privés pour le festival Pause Guitare et ensuite pour Garorock, L’été de Vaour également. A force de m’investir dans ces associations, j’ai découvert la production au fur et à mesure. C’est un domaine qui m’a plu et j’ai glissé vers cette fonction, en assumant tout d’abord les deux, c’est-à-dire les partenariats privés puis la production. Aujourd’hui je ne fais plus que ça, puisque le festival a grossi et qu’il nécessite une personne sur chacun de ces postes. J’ai formé Sophie Dubois, qui a pris ma suite sur les partenariats privés. 

Vous témoignez de cette expérience professionnelle auprès des stagiaires d’Avant-Mardi. Que souhaitez-vous leur transmettre ?

L’idée c’est de dire qu’il s’agit avant tout d’un métier qui s’apprend par l’expérience et le terrain. Je pense que j’en suis l’une des preuves puisque je n’ai pas vraiment de formation initiale là-dedans, c’est vraiment petit à petit que j’en suis arrivée là. Du coup il n’y a pas vraiment de règle d’or, mais il faut surtout certaines qualités essentielles : être très adaptable et être toujours en quête d’apprentissage de nouvelles choses pour pouvoir avancer dans ce métier. Ce que j’aime vraiment dans les formations, c’est le partage des expériences, d’écouter aussi ce que les stagiaires ont à dire, ce qu’ils ont envie de voir. Ils ne viennent pas là pour recevoir une formation théorique, ce n’est pas l’idée, ils viennent surtout pour avoir de l’expérience et entendre les gens raconter leur histoire. Je suis très attachée à répondre à leurs attentes. Il y a beaucoup d’échanges et globalement il ne faut surtout pas hésiter à leur montrer beaucoup d’outils, notamment sur les méthodes de travail. Je pense que c’est le plus important pour eux. 

Que recherchent les stagiaires que vous rencontrez ?

La plupart sont souvent en reconversion, donc ils ne sont pas forcément très au jus du métier ou du secteur. C’est quelque chose qui leur fait envie, mais ils ne savent pas vraiment comment y parvenir ! Donc l’idée, c’est de leur expliquer ce que l’on vit pour leur donner un exemple, mais ça reste un exemple parmi tant d’autres. La plupart du temps, je me retrouve face à des stagiaires qui sont très demandeurs, qui sont très intéressés et assez participatifs, donc ça reste toujours de très bons moments. Je pense que la formation professionnelle continue est vraiment là pour ça, afin de leur donner une idée de ce qu’ils pourraient vivre dans ce milieu-là. L’essentiel pour eux reste de mettre en pratique tout ce qu’ils ont pu apprendre. Au-delà d’une formation théorique, on leur propose plutôt une posture et des méthodes de travail.

Que font les stagiaires de la formation « Initiation aux techniques du spectacle » lorsqu’ils viennent en immersion sur le festival Pause Guitare ?

Sur cette formation ils arrivent au début du montage du festival, c’est toujours un moment où on est déjà à fond. Donc ils n’ont pas d’autre choix que celui de s’intégrer rapidement dans les équipes. On essaye de leur proposer des postes principalement sur des scènes annexes et non sur la grande scène, où les techniciens ont moins la possibilité de prendre du temps pour eux. Sur les scènes annexes, ils font beaucoup de missions différentes, c’est intéressant. A mon sens, ils sont vraiment au cœur du festival tout en étant en situation d’apprentissage avec les régisseurs qui s’occupent de chaque scène. Ils font du plateau, du son, de la lumière, et ils appréhendent surtout le rythme d’une journée de travail sur un festival de cette envergure. Certains repartent en se disant qu’ils ne peuvent pas, que ce n’est pas fait pour eux et que c’est vraiment trop dur, mais d’autres s’en vont en ayant trouvé une vocation. On essaye de leur proposer plein de choses, on propose à certains de faire de la logistique, de participer au magasin, de suivre le montage du site, pour qu’ils voient un peu tous les aspects du festival.

C’est un moment où ils perçoivent vraiment tous les champs du métier.

Oui, on essaye qu’ils touchent au maximum à tout, qu’ils puissent rencontrer toutes les personnes clés du festival, que ce soit dans la direction générale ou la direction technique ou sur mon métier qui est plus lié à la production mais qui à certains moments va s’entrechoquer avec la technique. Ils sont aussi accompagnés par Chloé Perrot (chargée de l’administration des formations à Avant-Mardi) qui vient sur place les intégrer et réaliser leur suivi. Je pense que c’est quand même une bonne expérience pour eux, même si c’est un temps souvent très court. C’est très intense !