Témoignage : Céline Blanché – Partenaire et directrice de la communication de l’Usine

l’Usine, Centre national des arts de la rue et de l’espace public (Tournefeuille / Toulouse Métropole) photo : Loran Chourrau - le petit cowboy

l’Usine, Centre national des arts de la rue et de l’espace public (Tournefeuille / Toulouse Métropole) photo : Loran Chourrau – le petit cowboy

L’Usine, centre national des arts de la rue à Tournefeuille est un espace hors du commun dans le paysage culturel toulousain. Immense lieu dédié à la création où se mêlent des artistes, des techniciens, des administratifs, tous ayant pour objectif commun de faire vivre leur filière par le biais du processus artistique. Céline Blanché, en tant que directrice de la communication et des relations avec les publics, est un symbole de cette volonté de rayonnement. Chaque année, elle offre aux stagiaires de la formation Orientation aux métiers du spectacle vivant l’opportunité de visiter ce lieu désormais emblématique.

Depuis quand accueillez-vous les stagiaires des formations d’Avant-Mardi à l’Usine ?

On accueille des stagiaires Avant-Mardi depuis 2008. L’Usine, en tant que lieu de création depuis une trentaine d’années, a en son sein des personnes qui ont des compétences et des savoir-faire spécifiques. Tous sont dédiés au processus de création du spectacle vivant. On dispose d’un lieu qui permet de sensibiliser et de transmettre aux stagiaires les parcours, les outils et les métiers nécessaires à la création artistique.

Pourquoi est-ce important pour les stagiaires de découvrir un lieu comme celui-ci ?

L’idée est d’expliquer le fonctionnement de notre lieu. Il y a une trentaine de corps de métiers représentés, et tous participent à la question de la création du spectacle vivant. Malgré la spécificité du champ esthétique et artistique qui est le nôtre (historiquement le théâtre de rue, aujourd’hui les arts de la rue ou les arts dans l’espace public), il existe des compétences transversales. Il y a non seulement des personnes ressources qui disposent de ces compétences, mais également des espaces dédiés à la création : des salles de résidences, un atelier de construction de décors, une costumerie, des bureaux pour les personnes qui développent les missions administratives, etc. Donc il y a des interactions entre un projet culturel tel que celui porté par l’Usine, des personnes ayant diverses compétences et un outil de travail mis à la disposition de la création artistique.

Comment pourriez-vous présenter l’Usine ?

L’Usine est depuis peu un centre national des arts de rue, la structure a été labellisée par le Ministère de la Culture et de la Communication. Il existe 13 autres lieux comme celui-ci en France, dont deux en région Occitanie. On développe un projet artistique et culturel autour de quatre missions principales. D’abord le soutien à la création, ensuite l’intervention sur le territoire, notamment celui de Toulouse Métropole. Il s’agit de diffusion, mais aussi d’infusion. C’est une dynamique plus profonde, sur le long terme, consistant à inviter des compagnies à venir expérimenter sur le territoire en conviant les habitants dans le processus de création. Tout un pan de notre activité relève également de la transmission, de l’éducation artistique et de la sensibilisation à la question de la création. Enfin, on fait de la production de construction de décors ou encore de la production déléguée de spectacles et d’artistes.

Quelle est la vision du secteur artistique que vous souhaitez véhiculer ?

L’Usine soutient une ligne artistique diverse. Que ce soit du théâtre, de la chorégraphie, des marionnettes, de la vidéo ou de la musique, on est intéressé par l’hybridation culturelle. On va soutenir au mieux ces formes qui ne rentrent pas dans un cadre artistique trop défini. Tout geste artistique qui va interroger l’espace public ou le rapport spécifique au public va pouvoir faire l’objet de notre soutien. On tente de favoriser le décloisonnement des genres, de ne pas s’enfermer dans une case.

En tant que directrice de la communication et des relations avec les publics, en quoi consistent vos missions ?

La communication et la relation avec les publics ont pour objectif de créer une véritable cohérence entre la manière dont on parle et la manière dont on informe les publics des diverses activités de l’Usine. L’idée est de rester au plus proche d’une politique relationnelle avec les publics. On tente de favoriser un resserrement des liens avec les artistes, les œuvres, les territoires et les publics. Concrètement, j’ai un travail traditionnel d’information, de communication événementielle et institutionnelle. Je porte la communication via différents supports et médias autour du projet culturel de l’Usine et de nos actions spécifiques. 

Le fait d’accueillir les stagiaires des formations d’Avant-Mardi participe-t-il à cette mission de transmission et de rayonnement des arts de la rue ?

Tout à fait, et cela va même plus loin. L’idée est d’offrir une vision que l’on espère claire des différents métiers qui sont appelés à participer à la création, qu’ils soient techniques, administratifs ou artistiques. On veut aussi montrer le lien existant entre un projet culturel porté par différents métiers et l’œuvre de la création. Accueillir les stagiaires participe à la transmission des compétences et des connaissances existantes à l’Usine, à la sensibilisation à la question du porteur de projet culturel et au fonctionnement d’un lieu de création.