Témoignage : Jessica Bir – Formatrice

JessicaBIR

Diplômée en Arts Communication Langage et en Métiers de l’exposition & Technologies de l’information, Jessica Bir intervient depuis 2010 en tant que formatrice en communication auprès de porteurs de projets, d’artistes ou d’élus locaux.

Riche d’une expérience de plusieurs années dans l’organisation du festival de Musiques Actuelles « Désensablé », de deux ans en tant que chargée de la communication et du développement mécénat au sein d’un centre d’art, complétée par deux ans de coordination de l’Association Claude Nougaro et l’organisation entre autres d’un concert place du Capitole pour un public de plus de 30 000 personnes, Jessica a créé en 2010 l’agence de développement culturel « 22h22 ». A cette occasion, elle a accompagné de nombreux projets et artistes en mettant à leur service des compétences en communication, recherche de financements, montage de projets et logistique d’organisation…

En parallèle, elle fonde l’association Comme un poisson dans l’art en 2007. La structure a pour but de soutenir, promouvoir des artistes locaux émergents, les accompagner dans la structuration de leurs projets artistiques et dynamiser leur rayonnement par l’organisation et la production d’évènements.

Depuis 2012, elle porte ce projet aux côtés de Pauline Herbillon. Cette association, c’est aussi et surtout un projet, une rencontre d’idées et de savoir-faire, un ensemble d’acteurs unis autour de l’envie de partager un regard sensible sur le monde qui les entoure.

En quelques années, Jessica Bir est devenue une formatrice incontournable d’Avant-Mardi. Sa carrière lui confère une grande maîtrise des outils de communication : un atout précieux pour les stagiaires.

Depuis quand intervenez-vous dans les formations d’Avant-Mardi et quel est votre lien avec la structure ?

J’interviens depuis deux ou trois ans sur différentes formations, notamment Orientation aux métiers du spectacle vivant. Depuis l’année dernière, on a monté un programme de formations liées à la communication. L’idée est de donner des clés et de proposer des contenus adaptés en fonction des différentes problématiques liées à la communication : outils, logiciels, communication écrite, orale… Par exemple ce semestre, on a proposé les modules Envoyer des newsletters efficaces et fidéliser ses cibles et Promouvoir son projet à l’oral, mais d’autres modules sont à la carte.

A qui s’adressent ces formations et que souhaitez-vous transmettre aux stagiaires ?

Ces différentes formations s’adressent à tous les porteurs de projets, les structures et même les artistes qui sont amenés à communiquer de façon assez variée. Cela peut être dans le rédactionnel, dans la mise en forme de documents, dans des échanges oraux… L’idée est d’apporter des outils pour travailler de façon plus efficace, de gagner en pertinence sur les contenus que l’on peut proposer et sur les messages que l’on peut définir. Les modules s’adressent finalement autant à des médiateurs qu’à des chargés de communication, des directeurs, des programmateurs et des artistes amenés à rédiger des contenus. 

Pourquoi est-ce important pour des artistes de savoir communiquer sur leurs projets ?

De plus en plus aujourd’hui, la communication est devenue l’un des éléments nécessaires à maîtriser pour développer le projet dans sa globalité. Il ne suffit plus d’être créateur d’œuvre d’art ou de musique pour exister, il faut maîtriser tout ce qu’il y a autour : savoir mettre en place une stratégie de communication, réfléchir à comment et quand communiquer sur un projet, auprès de qui, quel média utiliser, comment faire un communiqué de presse… Cela concerne donc différents outils en communication qu’il faut apprendre à utiliser.

Quels principaux manques percevez-vous dans les pratiques de communication chez les artistes ?

Je fais partie de la structure Comme un poisson dans l’art, une association de production de spectacle vivant dans le secteur musical. Dans mon parcours professionnel, j’ai été amenée à accompagner des compagnies de danse autant que de théâtre ou des institutionnels, voire des projets en langues des signes, en bref différents acteurs et différentes influences. Rien qu’entre ces différents acteurs et porteurs de projets, le contenu et la manière de traiter l’information sont un peu différents. Ils s’inscrivent sur des réseaux différents et il faut prendre en compte ces réseaux. Ce qui est intéressant selon moi dans le cadre des supports et des accompagnements que l’on peut apporter aux artistes, c’est de leur donner des armes pour faire évoluer leur projet dans la direction qu’ils souhaitent. Cela signifie toucher les bonnes personnes, les bons réseaux, et donc la nécessité de comprendre la communication pour qu’à un moment T, le projet soit visible par tous. 

Pour les manques, il manque souvent de supports qualitatifs (vidéos, photos, dossier ou plaquette), d’une identité suffisamment réfléchie et d’une stratégie clairement définie avec des objectifs précis !

Quel est votre moteur dans l’aide et l’accompagnement aux artistes, que ce soit dans le cadre des formations ou dans votre association ?

Je crois au fait que la création et l’art peuvent amener à un mieux être et à un meilleur vivre ensemble. Je me bats pour que les projets de qualité puissent avoir les moyens d’exister, et parce que je pense que cela fait partie de l’éducation que d’aller voir un spectacle, de faire confiance à ses émotions. La création permet de prendre un recul sur ce que l’on vit et de comprendre dans quel monde on s’inscrit. Personnellement, cela m’intéresse de voir le monde autrement, avec des yeux sensibles.

Est-ce cela qui vous a guidé vers le secteur culturel ?

Lorsque j’étais plus jeune, j’étais tout le temps dans les musées et à des concerts. Ce qui m’a guidé c’est donc une passion pour les émotions. Ça me stimule de voir un artiste qui phosphore autour d’une création, de voir comment il crée autour d’une idée, comment il peut amener de la matière, réfléchir, tisser un univers… J’adore tout cela. Donc ce qui m’anime profondément est cette volonté de voir éclore des réalités différentes. 

Comment cette passion vous a mené à créer votre propre structure ?

Tout d’abord j’ai été chargée de communication dans un centre d’art, puis chargée de développement en mécénat, à la suite de quoi j’ai travaillé en tant que chargée de communication pour une structure de musique. J’ai monté une structure qui s’appelait 22h22 dans laquelle je faisais du développement de projets culturels et de l’accompagnement d’artistes de façon indépendante. C’est là que j’ai été amenée à toucher différents secteurs professionnels. L’idée maintenant avec la structure Comme un poisson dans l’art c’est de travailler sur des propositions artistiques qui prennent en compte l’humain et des réalités économiques. On réfléchit à un projet culturel d’économie sociale et solidaire. C’est un peu notre cheval de bataille.

Quelles sont vos perspectives d’évolution aujourd’hui ?

Que la structure puisse se développer, tout simplement. Nos objectifs sont de pérenniser des postes car nous sommes sur une économie assez limitée. Mais aussi que les projets puissent se développer tels qu’ils le devraient. On a monté un projet « d’AMAP culturel », donc un circuit court culturel. L’envie c’est que ce projet puisse se pérenniser dans le temps. On est énormément soutenu par le public qui s’empare complètement de l’idée et qui nous accompagne sur le développement du projet. On souhaite continuer à fédérer des gens curieux et passionnés par la création.